Expérience américaine

La technique de stabilisation-solidification (SS) au ciment est largement employée aux États-Unis depuis les années 1950. D’abord utilisée pour traiter les déchets radioactifs, la SS a servi à réhabiliter des sites industriels dans les années 1970, puis des sites en milieux plus urbanisés dans les années 1980. La stabilisation-solidification au ciment est une technologie reconnue par l’Environmental Protection Agency (EPA) pour le traitement de plus de 50 rejets industriels communément rencontrés. « La stabilisation-solidification a été la technologie retenue dans le quart des projets de réhabilitation de sols contaminés réalisés par l’EPA (projets Superfund) », explique Charles Wilk, directeur du programme de solutions environnementales à la Portland Cement Association.

Afin de statuer sur la performance à long terme de la stabilisation-solidification au ciment, une étude a été publiée en 2003 pour le compte du Electric Power Research Institute (EPRI). Intitulée Evaluation of the Effectiveness of In-Situ Solidification / Stabilization at the Columbus, Georgia Manufactured Gaz Plant Site, cette étude a évalué le rendement du traitement d’un site qui avait été réhabilité à la SS au ciment 10 ans auparavant. Le site en question, situé dans l’État de la Georgie, avait servi à une usine de production de gaz dont les activités s’étaient échelonnées pendant presque 100 ans, laissant des terrains contaminés tant par des composés organiques qu’inorganiques. La réhabilitation par la SS au ciment fut la technologie choisie et les travaux furent complétés en juin 1992.

Dix ans plus tard, une série d’échantillons de sols ont été prélevés pour évaluer leurs propriétés chimiques et mécaniques. Les essais ont démontré la très grande stabilité des sols. La qualité de l’eau a également été évaluée et jugée satisfaisante. D’après l’ensemble des résultats, l’étude a permis de statuer sur le rendement adéquat de la stabilisation-solidification au ciment après 10 ans. La conclusion de l’étude établit aussi que rien n’indique une éventuelle détérioration dans l’avenir.